Kenya: Une mission de conseil pour lutter contre le changement climatique
Sur invitation du conseiller économique spécial du Premier ministre, Laurence Breton et Ophélie Risler (ENE), ont réalisé fin mars avec l’agence de Nairobi une émission de conseil aux autorités kenyanes sur l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme national de lutte contre le réchauffement climatique.
L’AFD encourage au Kenya avec ses moyens financiers et de production intellectuelle le développement d’un agenda vert et compétitif. Celui-ci prend la forme de financements importants en faveur de la géothermie (206 M€ soumis aux instances de décisions de l’AFD début avril), la promotion d’outils de financements en faveur du secteur privé pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique et la préparation de nouveaux projets de préservation de massifs de forêts primaires faisant office de châteaux d’eau du pays.
Fin 2009, l’AFD avait déjà organisé en présence de Jean-Michel Debrat et de Achim Steiner, directeur général du PNUE, avec le gouvernement kenyan, le secteur privé et la société civile une conférence nationale de grande ampleur sur les raisons et les moyens d’encourager au Kenya l’option d’une électricité verte.
La dynamique crée par cette conférence et l’expertise de l’AFD sur le changement climatique (CC) dans les pays émergents (Indonésie, Maurice, Vietnam, Mexique), ont provoqué la requête kenyane d’une mission de conseils de l’AFD. Le partenariat entre l’AFD et le JICA en Asie sur le changement climatique et les appuis apportés par DFID au Gouvernement Kenyan sur le CC ont conduit à proposer à ces deux bailleurs de s’associer avec succès à la mission AFD.
Outre le bureau du Premier ministre, la mission a rencontré les principaux ministères, bailleurs et PNUE, concernés par la question du changement climatique. Partout, elle a rencontré un fort engagement sur cette question à la croisée des chemins de l’avenir écologique du Kenya, aux deux tiers aride et semi aride, déjà largement déforesté et en stress hydrique, et de son avenir économique. En effet, à moyen et long terme, la compétitivité du pays dépendra en grande partie de son aptitude à s’affranchir de sa vulnérabilité aux chocs énergétiques exogènes.
La mission a confirmé la très forte implication au plus haut niveau politique kenyan sur l’agenda du CC avec une approche pragmatique basée autant sur les forces économiques et intellectuelles internes du pays que sur le plaidoyer habituel pour plus de moyens et d’appuis extérieurs. Le pays dispose d’un projet de stratégie de réponse aux défis du CC et de quelques solides maîtrises d’ouvrages et opérateurs aptes à mettre en œuvre des pans de cette stratégie (secteur énergie). En revanche, des efforts restent à
faire pour désigner et structurer le relais interministériel qui pourra coordonner et suivre un programme
multisectoriel, forcément ambitieux et complexe, et renforcer parallèlement les capacités et politiques
sectorielles en faveur de la lutte contre le CC des principaux domaines concernés (forêts, santé, eau, énergie, transports etc.).
Dans le cadre d’une feuille de route pour le lancement d’un programme nationale de lutte contre le CC, les appuis extérieurs pourront se concentrer sur le renforcement des capacités centrales de planification, de coordination et de suivi-évaluation tandis que des moyens d’expertise et financiers contribueraient à des projets immédiats et à l’élaboration et mise en oeuvre d’une programmation plus construite et sur le long terme.
La dimension donnée personnellement par le Premier ministre à cette mission conjointe a entraîné la participation d’une partie du gouvernement (ministres de l’Environnement et de l’Eau/irrigation), de la haute administration (5 secrétaires généraux de ministres), de la presse, de l’ambassadrice de France, du haut commissaire britannique et de l’ambassadeur du Japon, non prévus initialement.